Transfusion Sanguine

1- Définition :

la Transfusion Sanguine est une perfusion de sang total frais ou conservé pour compenser un déficit de la masse sanguine ou un déficit en hématies

2- Différentes présentations :

  • 2 – 1 – Le sang conservé : Il est conditionné en unité de 500ml renfermant 80 à 100ml de sang  solution anticoagulante A.C.D (acide – citrique +  citrate de soude + Dextrose). A 4°C ce sang peut être conservé de 15 J à 20 J maximum. La conservation du sang lui ferait perdre certains facteurs hémostatiques particulièrement labiles, le taux des plaquettes est toujours diminué.
  • 2 – 2 – le sang frais : Le prélèvement est fait sur héparine (2500UI) avec un matériel siliconé ou sur poche en plastique , le taux des plaquettes dans le sang dit frais est beaucoup plus proche de la normale que dans le sang conservé.
  • 2 – 3 – Les culots ou concentres globulaires : Après sédimentation ou centrifugation douce, le plasma surnageant est retiré seul, soit par pipetage aspiratif, soit par expression du sac plastique. Dans le premier cas, la conservation est de 12h dans le second cas est de 21j à 4°C. A employer dans les déficits globulaires sans diminution de la masse sanguine :

*Anémie chronique

*Anémie secondaire post hémorragique

  • 2 – 4 – Les globules rouges lavés : Ils sont prescrits dans des indications précises :

*Syndromes hémolytiques

*Intolérance au plasma

*Intolérance aux leucocytes

*Intolérance aux plaquettes

Leur préparation nécessitant de nombreuses manipulations, ils seront employés sans délai.

  • 2 – 5 – les concentrés plaquettaires : A utiliser des confection dans les hypoplaquettoses.
  • 2 – 6 – Le plasma sec : Il a longtemps constitué le moyen de remplissage vasculaire d’urgence préparer dessiccations sous vide, il peut être conservé plusieurs années mais sa préparation à partir d’un pool de donneurs, N’éliminent pas le virus de l’hépatite et ce risque est donc multiplié. Il a tendance à être de plus en plus souvent remplacé par les grosses molécules synthétiques explasmogel.
  • 2 – 7 – L’albumine : Préparée à partir des protéines plasmatiques, elle ne comporte pas le risque de transmission de l’héparine. Présentée concentrée en flacon de 100ml correspondant à 300ml de plasma. Elle constitue :

*Un excellent moyen de remplissage vasculaire sous faible volume (brûlés) en lui adjoignant une quantité adéquate (sérum salé glucosé)

*Un apport protéique excellent (dénutris, cirrhotiques) à 4°C elle se conserve plusieurs mois.

3 – Indications :

  • 3 – 1 – En chirurgie :
  • Hémorragies et choc hémorragiques : La transfusion de sang total est alors le seul moyen de vaincre le collapsus mais en même temps il faut prévoir l’acte chirurgical qui permettra de lutter contre la cause de l’hémorragie. De toute manière la quantité de sang à perfusion est fonction :

*Des signes cliniques du choc

*Des résultats d’examen de labo

  • Brûlures :

*A la phase de choc initial

*Secondairement pour lutter contre l’anémie et l’hypo protidémie

  • Transfusion préopératoire :

*Tout de suite avant l’intervention chez les hémophiles, si pas de fraction anti-hémophilique.

*Chez les hépatiques qui ont des troubles graves de coagulation

*Chez les malades en état de choc chronique.

  • La transfusion per-opératoire :

*Pour compenser rigoureusement la spoliation sanguine (peser les compresses) ; circulation extracorporelle dans les interventions cardiaques.

  • Transfusion post – opératoire :

*Réanimation post – opératoire

*Hémorragie post – opératoire chez les hémophiles

  • 3 – 2 – En médecine :
  • Hémopathies qui s’accompagnent d’un déficit sévère en hématies :

*Anémies hémolytiques

*Anémies dues à une insuffisance médullaire

*Anémies des leucose aigues

*Anémies Biermériennes

En tout cas on fera jamais de transfusion (sauf si le diagnostic vital est en jeu) ; avant d’avoir pratiquer les examens complémentaires qui permettront de préciser l’étiologie de l’anémie.

  • Choc chronique : même  en dehors de toute intervention
  • Anémie par accidents hémorragiques : dus au DICOUMAROL, en association avec la vitamine K
  • Hémophilie : Uniquement les hémorragies externes importantes (épistaxis, gingivorragies)
  • Syndrome hémorragiques : avec les hypoplaquettoses dans ce cas, il faut   utiliser du sang frais. Il est préférable de transfuser un concentré plaquettaire s’il est possible d’en obtenir

4 – Précautions à prendre avant une transfusion sanguine

4- 1 – Réception et conservation du culot globulaire

4-1-1-Réception :
  • S’assurer du bon déroulement du transport : celui – ci doit être :

*Rapide

*Délicat

*Isotherme (transport à 4°C)

  • Vérifier l’intégrité des poches et celle de la tubulure
  • Contrôle la date de péremption et l’aspect des poches
  • Contrôler l’identité des poches avec le bon de livraison
4-1-2- Conservation :
  • Si non utilisation immédiate à mettre à 4°C attention danger éviter le congélateur
  • Éviter les stocks « sauvages » dans les services et ne pas empiler trop de poches.

4 – 2 – Avant la transfusion

NE PAS UTILISER UN PRODUIT SORTANT DIRECTEMENT DU REFRIGIRATEUR, EVITER LA PRECIPITATION

  • Vérifier la date  de péremption et l’aspect de la poche
  • Contrôler la concordance

*Carte de groupage

*Identité du malade

*Culot globulaire

  • Faire un contrôle obligatoire ultime au lit du malade du groupe sanguin A,B,O du malade et du chaque poche à transfuser à l’aide d’une carte de contrôle  pré transfusionnel, Carte à garder dans le dossier du malade.

N.B :

  • Ne jamais réchauffer le sang, ne pas mettre au dessus du poupine (risque de surcharge potassique)
  • Ne jamais accepter le résultat d’un laboratoire non agrée
  • Ne jamais communiquer le résultat de groupage par téléphone
  • Recommander au malade d’aller au selle et éviter les heures de visites
  • Ne jamais adjoindre aux globules rouges de médicament

4 – 3 – Pendant la transfusion

4 – 3 -1 contrôler :
  • La température toutes les demi-heures
  • La tension artérielle toutes les demi heures
  • L’aspect des urines
  • Le faciès du malade
4 – 3 – 2 – Arrêter la transfusion si :     
  • La température augmente  
    • La tension artérielle diminue
    • Frissons
    • Douleurs abdominales
    • Douleurs lombaires
    • Chez le sujet âgé, enfant et cardiaque débit minutes adapté .
4 – 3 – 3 – Alerter le médecin :

ENFIN :

  • Inscrire sur la feuille de température ou de réanimation le numéro de la poche perfusée
  • Conserver le flacon témoin qui permettra des contrôles en cas d’accidents

5- MATERIEL :

Sur un chariot ou un grand plateau, il faut prévoir :

  • Le nécessaire pour l’asepsie de la région à ponctionner :
    • Plateau flambé + champ + compresses
    • Pince à servir
    • Aiguilles IV et seringues (2 au minimum et selon les habitudes de service)
    • Alcool à 70°C, iodé, tampons de coton
  • Nécessaire pour réaliser transfusion :
    • Flacon de sang + collier suspenseur
    • L’étiquette de labo
    • 2éme étiquette surajouté avec :
      • Nom du malade n° de lit
      • Groupe du malade et RH
      • Cross-Match
      • Médicaments injectés
      • Constantes
      • Nom de l’opérateur
  • Tubulure à transfusion avec :
    • Prise d’air pour  le flacon
    • Une aiguille de perçage de flacon
    • Une chambre de filtration avec compte goutte et filtre
    • Pince de réglage (moor au autre)
  • Nécessaire pour pratiquer le teste pré transfusionnel
    • Compte goutte
    • Sérum-physiologique
    • Carte de cross-match fournis par le laboratoire
    • Paire de ciseau
    • Agitateur pour mélanger
    • Autre selon la méthode utilisée
    • Moyen de contention
    • Garrot – attelle

6 – MANIERE DE PROCEDER :

  • Amener le matériel auprès du malade
    • L’installer confortablement après avoir proposé le bassin
    • Mettre une alèze sous le membre choisi
    • Préparer le pied à perfusion à  distance convenable
    • Couper les fragments de sparadrap nécessaires pour maintenir la perfusion en place
    • Déposer  sur l’alèze le réniforme destiné à la purge de la tubulure
    • Ouvrir la pochette de la tubulure
    • Se passer les mains à l’alcool
    • Enfoncer la tubulure dans la pochette à sang
    • Fermer la pince de débit de la tubulure
    • Retourner le tout suspendre l’étrier de flacon au crochet du pied à sérum
    • Appuyer 2 à 3 fois sur la chambre de filtration pour la remplir de sang au 1/3 inférieur
    • Maintenir l’extrémité de la tubulure au dessus du réniforme, ouvrir    doucement la pince de débit et faire la purge
    • Déposer la tubulure sur une compresse stérile ou mieux demander à un aide de la tenir
    • Selon les habitudes de services, préparer les médicaments à injecter
    • Mettre le garrot
    • Se passer les mains à alcool
    • Piquer le malade après avoir bien choisi la veine à ponctionner
    • Lorsque le sang revient dans l’intra-nulle, retirer  le garrot et adapter rapidement à la tubulure
    • Fixer l’aiguille et regarder le goutte à goutte au niveau de filtre et régler le débit à une vitesse moyenne de 60 goutte par minutes
    • Installer le bras de malade dans une gouttière si nécessaire
    • Vérifier l’ensemble de la perfusion pour éviter tout incident technique
    • Surveiller le malade de près surtout au cours des 50 premiers ml

7- ACCIDENTS ET INCIDENTS DUS A UNE TRANSFUSION :

7-1- Accidents hémolytiques par incompatibilité :

L’introduction du sang incompatible chez un individu portant des anticorps agglutinants, les hématies transfusées provoque une hémolyse de ces dernières. Cette hémolyse est immédiate et d’autant plus intense que le volume de sang incompatible transfusé est important. En principe plus le volume est élevé plus accident est grave.

  • Signes cliniques :
    • Malaise intense avec céphalée pulsatile
    • Douleurs lombaires
    • Accélération du pouls, chute de la pression artérielle
    • Tendance hémorragique anormale au niveau des plaies opératoires

Au moindre signe d’alarme arrêter immédiatement la transfusion, vérifier le groupe du receveur et du sang perfusé

  • Traitement :
    • Lutter contre le choc
    • Traiter le syndrome hémorragique
    • Surveiller la diurèse si nécessaire, transfert dans un centre d’hémodialyse

7-2 Accidents de contamination :

L’injection de sang contaminé entraîne également des accidents très graves parfois mortels. Ils sont dus aux toxines bactériennes apportées par le sang contaminé.

  • Signes cliniques :
    • Malaise
    • Frissons violents
    • Fièvre à 40°C
    • Douleurs abdominales et myalgies
    • Vomissements et diarrhée profuse
    • Arrêter immédiatement la transfusion.
  • Traitement :
    • Injecter immédiatement en IV une dose massive de corticoïdes pour tenter d’éviter l’évolution vers l’état de choc
    • Antibiothérapie
  • Prévention :
    • Conditions d’asepsie parfaite lors de la collecte de sang
    • Conservation à 4°C jusqu’à  son utilisation
    • Rejet de tout flacon suspect et respect de la date de péremption.

7- 3 – Accidents de surcharge :

Ils sont dus à une transfusion trop abondante ou trop rapide chez l’enfant, le cardiaque, l’hypertendu et l’aniurique

  • Signes cliniques :
    • Secousse de toux prolongée Puis cyanose Expectoration Arrêter la transfusion
  • Traitement
    • Saignée
    • IV d’une ampoule de furosémide (exp lasilix)
  • Prévention :
    • Transfusion très lente en contrôlant la pression veineuse
    • Préférer les G.R déplasmatisés quand la transfusion à pour but de corriger une anémie.

7 – 4 – Intoxication par citrate :

Lors des transfusions massives la quantité de citrate injectée produit une hypocalcémie qui se traduit par une crise tétanie. Le citrate a aussi une action sur le myocarde.

  • Traitement : injection IV de 1g gluconate de calcium
  • Prévention : injection IV de gluconate de calcium dans tout les flacons

7 – 5 – Accidents allergiques :

Ils sont dus à la susceptibilité de receveur vis-à-vis des albumines apportées par la transfusion ou à des anticorps apportés par le sang du donneur lui – même : sujet allergique.

  • Signes cliniques :
    • Urticaire
    • Oedème de QUIK ou crise d’asthme
  • Traitement :
    • Administrer un anti-histaminique et/ou
    • Si les signes s’estompent continuer la transfusion sinon arrêter

7 – 6 – Intoxication par le potassium :

La concentration de potassium augmente dans le sang conservé, les doses toxiques sont toute fois rarement atteintes. Cependant l’apport de potassium peut être dangereux chez les insuffisants rénaux ou chez les sujets hyperkaliémiques.

  • Prévention : il est préférable chez ces malades de donner de sang frais ou des concentré globulaire.

7 – 7 – Surcharge ferrique :

Des transfusions à répétition, imposées par une maladie chronique peuvent à la longue entraîner une surcharge ferrique de l’organisme : hemochromatose (surcharge de fer au niveau du foie) secondaire dont les complications ne sont guère moins graves que celles de l’hemochromatose primitive familiale.

7 – 8 – Embolie gazeuse :

C’est un accident grave provoqué par des transfusion accélérés par pompage d’air sous pression dans le flacon . L’accélération des transfusions par la mise en pression du flacon de sang nécessite une très grande vigilance.

7 – 9 – Maladies transmises par perfusion :

Le danger majeur est la transmission des hépatites virales ; le syphilis ; le paludisme et le SIDA. La prévention consiste à éliminer  tout donneur de sang qui aurait présenter une hépatite virale ou ayant contacter le syphilis   d’où la nécessité de pratiquer les réaction sérologique sur chaque prélèvement.

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